Aujourd’hui, je vous propose un retour sur la journée creative week d’Adobe 2011 consacrée au multi-screen que l’on pourrait traduire par multi-écrans en Français.
Voici en substance, ce que l’on pourrait retenir.
Une période de mutation technologique
Après la culture du papier, on entre un peu plus chaque jour dans ce que l’on pourrait appeler la culture de l’écran avec l’intrusion dans notre vie courante d’une multitude de terminaux initiateurs de nouveaux standards de publication. Au coté du web, on retrouve maintenant les smartphones, les tablettes et prochainement si ce n’est déjà commencé les télés connectées. Loin d’être effrayés face à cette évolution rapide du marché puisque l’on rappelle que l’Ipad est sorti il y a un peu plus d’un an en Janvier 2010, les consommateurs s’approprient même immédiatement ces nouveaux périphériques. Pour les créateurs, une veille technologique en interne devient obligatoire pour suivre au plus prêt les évolutions constantes et les attentes du marché.
Le web est maintenant décloisonné et les diffuseurs font face à un vrai challenge avec l’obligation d’offrir des contenus qui peuvent passer d’un média à l’autre car les utilisateurs veulent pouvoir accéder aux informations quelque soit l’endroit ou ils se trouvent.
Offrir une certaine continuité dans la lecture des contenus
Pour les diffuseurs, ces nouveaux périphériques sont des nouveaux canaux de distribution de leur marques. La tablette par exemple est un support innovant qui à partir d’une grammaire inédite permet d’offrir des nouvelles expériences de lecture de contenus enrichis. La stratégie face à ces nouveaux standard de publication est de développer des pôles d’audience et de proposer des abonnements transmédia pour qu’un particulier puisse accéder à tous les contenus sur tous les supports. Offrir une continuité dans la lecture au travers des nouveaux standard de publication que sont le web, les smartphones, les tablettes et bientôt la télé connectée est d’ailleurs un vrai challenge. Dans ce contexte, la monétisation des contenus offerts se posent plus que jamais et cela passe obligatoirement par la limitation des flux de production afin de délivrer le “même” contenu sur différentes plateformes.
La fragmentation des supports
Pour les créateurs, il s’agit de s’aligner sur ces nouveaux standards et la première difficulté réside dans la fragmentation des différents supports autant en ce qui concerne
- la dimension des écrans
- la résolution des écrans mesurée en PPI (Pixels par pouces)
- l’Os (android, ios, qnix, hp webos)
Cela impacte fortement les méthodes de développement d’ergonomie et de design.
Changer la manière de penser
Il ne s’agira pas de copier le web sur les applications mobiles mais plutôt d’exploiter les forces et faiblesses de chaque terminal pour renforcer l’expérience utilisateur.
Avec l’arrivée de la tablette, on peut pratiquement parler d’internet canapé et on devra donc proposer à l’utilisateur une navigation plaisante et récréative. Avec le smartphone, on se situera dans une consultation itinérante. On cherchera donc naturellement à utiliser les forces ergonomiques de chacun.
On pense notamment à:
- accéléromètre
- capteur de luminosité
- gyroscope
- changement d’orientation (portrait, paysage)
- micro, téléphone,
- geolocalisation,
- interaction tactile: multi-touch et mouvements complexes définis comme des gestes ( pincer pour le zoom ou la rotation, pan…)
Source d’innovation et de créativité à la fois en terme d’usages et de marketing, les créateurs de contenus doivent au final changer leur manière de penser les services et s’adapter à ces nouveaux périphériques afin d’améliorer l’expérience utilisateur:
- adapter la manière de parcourir et d’interagir avec un ouvrage,
- avec un print, navigation horizontale,
- avec une tablette navigation horizontale et verticale.
- s’appuyer sur les nouveaux modes d’interaction
- concevoir des expériences immersive au sein d’un document interactif an s’appuyant sur les fonctionnalités du support.
On oubliera donc le copier-coller et on insistera plutôt sur la complémentarité entre site web et les applications mobiles et donc une consommation différentes des services. Un scénario possible pour un film. On pourra penser que la tablette ou le pc se prêteront naturellement au visionnage des bandes annonces dans son canapé et le smartphone le compagnon idéal pour géolocaliser le cinéma.
Pour la conception, la démarche s’inverse et on partira plutôt de l’expérience mobile (interactivité, design) pour l’étendre à la réalisation du site web.
Développement natif ou sites web adaptatif
Une autre question se pose. Faut il faire du développement natif c’est à dire concevoir des applications dédiées à un terminal ou proposer des sites web qui seraient adaptatif ?
la question n’est pas tranchée car il est difficile d’en faire une généralité mais la solution se trouvera dans le rapport des paramètres suivants:
- prix de revient
- déploiement
- mise à jour
- méthode de référencement à travers les « market place » android ou ios.
Adobe se positionne en proposant l’exportation d’applications flash vers les formats natifs des différentes plateformes existantes avec des performances de plus en plus compétitives. Au format web, l’absence de gestion du player flash par ios représente un vrai barrage et html5 sera à priori privilégié.